Centres de réadaptation MGEN : des retours d’expérience

Fabrice*, directeur d’une école élémentaire (Paris)

Après des études on ne peut plus ordinaires, je passe le concours de l’Ecole Normale en 1980, je suis son cursus pendant trois ans et en sort en 1983 avec un diplôme d’instituteur. Je fais mes premières armes, c’est le cas de le dire pour mon service militaire en coopération à Madagascar dans un cours préparatoire durant deux ans.

De retour en France en 1985, je suis nommé durant quatre ans à différents postes dans Paris sur des compléments de mi-temps regroupés sur une même classe, d’abord un an en élémentaire, un CE1/ CE2, puis en maternelle dans des petites sections.

Enfin en 1989, je deviens titulaire de mon poste dans le 20ème arrondissement avec une petite ou petite/moyenne section suivant les années, cela durant 11 ans.

J’ai toujours aimé mon métier et l’ai pratiqué avec beaucoup de plaisir et de satisfaction.

Sur les conseils et le soutien de ma directrice, je passe alors l’entretien pour devenir directeur d’école à un moment où j’escompte modifier ma trajectoire professionnelle tout en restant dans ce même milieu, celui de la maternelle.

Suite à la réussite de cet examen, j’ai la chance d’être nommé dans l’école que je désirais, une maternelle située dans le 20ème en Z.E.P en 2000.

Bien que le quartier soit difficile et que les équipes pédagogiques soient très changeantes, le plaisir et la satisfaction restent mes compagnons de travail jusqu’en 2013.

C’est alors qu’un accident de la vie, en l’occurrence une période postopératoire très difficile et une équipe pédagogique particulièrement difficile m’amènent au burn-out au printemps 2013.

Commence alors une descente aux enfers psychologique comme je n’aurais pu l’imaginer m’amenant à fréquenter le service de santé du rectorat où j’ai découvert une équipe aidante et compréhensive qui me conseilla de me mettre au repos alors que je voulais continuer à travailler et me battre seul pour remonter la pente.

Sur leur conseil, je consulte un psychiatre en ville, je suis suivi aussi régulièrement par un psychiatre mandaté par l’éducation nationale et enfin me rends au Centre National de Réadaptation (CNR) où je suis accueilli par une équipe bienveillante et empathique : son directeur, son secrétariat et ses psychologues dont le but est de remettre le pied à l’étrier aux accidentés professionnels de l’Education Nationale.

En longue maladie pendant plus de deux ans, l’équipe du CNR m’a réconforté, resécurisé et m’a donné l’envie de reprendre l’aventure.

Grace à une réinsertion professionnelle dans une école élémentaire choisie, 51 rue de Charenton dans le 12ème arrondissement de Paris, à une directrice exceptionnelle et à une équipe formidable, je me suis replongé dans le milieu pédagogique à mi-temps durant six mois, les appréhensions de départ se sont vite envolées et le désir de reprendre une direction d’école ne s’est pas fait attendre.

La bonne préparation des stagiaires du CNR et le choix judicieux d’écoles partenaires et parties prenantes de la réinsertion sont les outils formidables au retour désiré au travail.

En 2016, je remonte en selle et prends la direction pour un an de l’école maternelle rue de l’espérance dans le 13ème arrondissement. Quelle joie de retrouver son chemin et les satisfactions professionnelles.

Enfin en 2017, je suis nommé dans l’école qui m’a accueilli et qui m’a redonné goût à ce métier. J’avais promis à l’équipe de revenir lors de mon stage de réinsertion sachant que la directrice prendrait sa retraite en 2017, j’ai tenu ma promesse.

Durant ces deux dernières années de ma carrière, j’ai découvert avec curiosité et bonheur la direction d’une école élémentaire fort différente de ma maternelle que j’avais pratiquée des années durant.

J’ai pris ma retraite après avoir aidé différents projets que cette école ne connaissait pas encore, classe de nature, classe de mer, classe de neige et des marchés de Noël.

C’est donc avec le sentiment d’avoir bien rempli ma mission auprès de l’Education Nationale que j’ai quitté cette grande maison pour une retraite épanouie.

Un grand merci au CNR et à toute l’équipe du 51 rue de Charenton.

*Le prénom a été modifié.

Virginie : J’ai été professeure d’Education Physique et Sportive pendant plus de 30 ans (Aix-en-Provence)

Suite à la pratique de la course à pied, une douleur est apparue dans le bas de mon dos. Avec le temps, la douleur a pris de l’ampleur, et malgré toutes les tentatives de traitements médicaux essayées, aucune amélioration n’est intervenue. Bien au contraire, je me suis trouvée face à un vrai handicap. Il s’est avéré que cette douleur était neuropathique. Je ne pouvais plus exercer mon métier de professeure d’EPS, car la marche, la station debout et le transport de charges m’étaient impossibles à faire.

J’ai eu alors un rendez-vous avec un médecin rhumatologue du Comité Médical Départemental pour une évaluation de mon état de santé. Puis j’ai été mise en relation avec une Conseillère Mobilité Carrière du rectorat afin de faire un bilan professionnel et d’envisager une reconversion. La décision de reclassement professionnel a été prise en 2016 suite à mon inaptitude totale et définitive à la fonction d’enseignante.

J’ai alors pu rencontrer les professionnels du Centre de Réadaptation des personnels et bénéficier de différents stages de pratique accompagnée à la découverte de nouvelles fonctions administratives :

  • Dans un collège, au secrétariat de gestion puis à l’intendance,
  • Dans un lycée professionnel, à l’intendance,
  • Au rectorat, au service Hygiène et Sécurité

J’ai ensuite intégré le poste que j’occupe aujourd’hui au Rectorat, comme gestionnaire à la Division des Examens et Concours.

Ce fut une démarche longue, qui a demandé beaucoup d’énergie, de motivation et d’accompagnement, mais que je ne regrette en rien car c’est pour moi une belle réussite professionnelle.

Isabelle* : retour à l’emploi après un congé longue durée (Grenoble)

Professeure des écoles en congé de longue durée, le Centre de Réadaptation de Grenoble (CRG) m’a accompagnée pour reprendre contact avec le monde du travail. On m’a proposé un stage d’observation dans un établissement scolaire, en vue d’un reclassement sur un poste administratif dans l’Education Nationale.

La première prise contact pour clarifier le cadre des actions du CRG a été rassurante. L’accent a été mis sur le caractère thérapeutique de l’accompagnement, avec une attention particulière pour s’adapter à mon état de santé, notamment en termes de fatigabilité (choix du volume horaire, des jours travaillés...).

J’avais malgré tout une appréhension à rencontrer de nouvelles personnes en milieu professionnel après une longue période sans trop de contact avec l’extérieur. J’ai eu la chance d’être accueillie par une équipe à la fois bienveillante et discrète.

Le passage dans un établissement de second degré ne me paraissait pas être un obstacle. En effet, les tâches administratives auxquelles j’ai participé correspondaient à mes projections.

Pourtant, après quelques semaines, j’ai souhaité mettre un terme à ce stage. Je tiens à souligner le respect total de mon choix et l’absence de jugement de la part des personnes qui m’ont accompagnées.

Par la suite, j’ai bénéficié de plusieurs entretiens avec une psychologue du travail, partenaire indépendante du CRG. Elle m’a aidé à prendre du recul et à analyser les aspects qui ne me convenaient pas dans le métier du secrétariat. J’ai donc pu tirer parti de la confrontation avec la réalité du terrain pour faire un point sur les compétences que je voulais réellement mettre en œuvre dans ma future vie professionnelle et à bâtir un nouveau projet de reconversion.

Je remercie le CRG, les conseils et le soutien qu’ils m’ont apportés tout au long de cet accompagnement.

*Le prénom a été modifié.

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