Votre santé

Variole du singe : comment se protéger et détecter les symptômes ?

La variole du singe, présente dans les zones tropicales d’Afrique s’est récemment propagée en Europe. Depuis le premier cas confirmé, début mai, une épidémie atypique de variole du singe a été déclarée en Europe.  On recense désormais plus de 10 000 cas dans plus de 60 pays. 

La variole du singe également appelée la variole simienne est une maladie infectieuse virale due au virus Monkeypox. Cette maladie zoonotique est habituellement transmise par des rongeurs à l’Homme, mais une transmission interhumaine par gouttelettes ou contact rapproché est également possible.

Selon Santé Publique France, au 12 juillet 2022, 912 cas ont été confirmés : 569 en Ile-de-France, 87 en Auvergne-Rhône-Alpes, 68 en Occitanie, 47 en Nouvelle Aquitaine, 47 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 34 dans les Hauts-de-France, 18 en Grand Est, 13 en Normandie, 9 en Bretagne, 8 en Centre-Val de Loire, 5 en Pays-de-la-Loire, 3 en Bourgogne-Franche-Comté et 4 cas à l’étranger.

  • Comment se transmet-il ?

Le virus de la variole du singe se transmet entre humains : 

  • Lors d’un contact prolongé en face à face par les gouttelettes (salive, éternuements, postillons) ; 
  • Par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d’une personne malade (bouche, sexe, anus) ;
  • Par contact avec des objets manipulés et contaminés par le malade (literie, vêtements, vaisselle, linge). 
  • Quels sont les symptômes ? les traitements ? 

L’infection par le virus peut provoquer : 

  • Fièvre et fatigue ;
  • Maux de tête ;
  • Maux de gorge et douleurs lors de la déglutition ;
  • Boutons sur le visage, les paumes de main, le sexe, au niveau de l’anus, les plantes des pieds, sur le corps et les membres ; 
  • Douleurs musculaires ;
  • Ganglions enflés et douloureux, sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l’aine ;

En présence de tels symptômes, il convient de contacter le Samu et de s’isoler immédiatement.

L’incubation de la maladie dure entre 5 et 21 jours. La phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours. La maladie guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 4 semaines.

Les lésions de la peau évoluent : les premières lésions sont des macules (lésions à base plate) qui se transforment en papules (lésions douloureuses fermes et surélevées), puis en vésicules (remplies de liquide clair comme la varicelle), ensuite en pustules (remplies de pus) devenant creuses et ulcérées, et pour terminer, en croûtes par cicatrisation des pustules. Ces croûtes tombent lorsqu’elles sont sèches.

Le plus souvent, la variole du singe guérit en 2 à 4 semaines. Des complications sont possibles :

  • Une éruption majeure (plus de 100 vésicules). Dans les cas graves, les lésions cutanées peuvent se surinfecter ou fusionner jusqu’à ce que de grands lambeaux de peau se détachent ;
  • Une atteinte de la cornée des yeux, pouvant être responsables de séquelles de la vision ;
  • Des complications digestives, ORL ou neurologiques ;
  • La survenue d'une atteinte pulmonaire se traduisant par une pneumopathie

Concernant la souche responsable des cas récents européens et américains, le risque de décès est de 1 %. Aucun décès n’a été recensé en France actuellement. 

Trois populations sont particulièrement à risques de développer une forme grave de la maladie :

  • Les personnes immunodéprimées (système immunitaire déficient) ;
  • Les enfants ;
  • Les femmes enceintes car la transmission materno-foetale ou périnatale est possible avec formes graves du nouveau-né.

Un traitement symptomatique en cas de fièvre est possible. Il est conseillé d'utiliser le paracétamol, en dehors de toute contre-indication (allergie, maladie grave du foie, phénylcétonurie). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués en raison de la possibilité de survenue de complications infectieuses graves cutanée, pulmonaires, ORL neurologiques...

Des antihistaminiques peuvent être prescrits pour éviter le grattage de la peau, la surinfection des lésions et la transmission du virus, et il est conseillé de couvrir les lésions cutanées.

Un traitement antiviral ou par des immunoglobulines peut être prescrit par un médecin infectiologue. Il n’est pas systématique et il est destiné aux personnes les plus fragiles (personnes immunodéprimées dont celles ayant le VIH, femmes enceintes, sujets jeunes). 

À titre dérogatoire, le gouvernement a autorisé l’utilisation du TPOXX, ou Tecovirimat. C'est une capsule à ingérer dont la dose dépend du poids de la personne. C'est un antiviral qui raccourcit les symptômes de la variole du singe et qui réduit le temps de contagion des personnes concernées. Ce traitement doit être pris dès lors que la personne est testée positive au virus. 

  • Que faire en cas de contamination ? 

Un test PCR sur des prélèvements au niveau des lésions de la peau et/ou au niveau du nez et de la gorge permet de poser le diagnostic de la variole du singe. 

=> Le virus se transmet durant toute la période où la personne malade présente des symptômes jusqu’à cicatrisation des lésions de la peau et des muqueuses. 

Si l’on est malade, il faut s’isoler dans une pièce, pour une durée de 3 semaines, jusqu’à la guérison totale des lésions de la peau. Durant cette période, il faut appliquer les gestes barrières et les consignes suivantes :  

  • Aucun contact physique avec d’autres personnes au sein de son domicile ; 
  • Ne pas partager le linge de lit, de toilette, la vaisselle avec d’autre personne ;
  • Porter un masque chirurgical en présence de quelqu’un et porter des vêtements couvrant les lésions de la peau ;
  • Aucun contact avec les animaux de compagnie. En cas d’impossibilité, porter un masque et des gants lorsque l’on s’en occupe et se laver les mains après chaque contact avec l’animal.
  • Séparer les déchets dans des sacs poubelles dédiés. 

A la fin de l’isolement, le domicile doit être soigneusement nettoyé. 

  • Que faire si l’on est contact à risque ?
Contact physique directContact non protégé à moins de 2 mètres pendant 3 heures

Une personne ayant eu un contact physique direct avec la peau lésée ou les fluides biologiques (sperme, sang, salive, etc…) d’un cas probable ou confirmé de variole de singe. 

Toutes les circonstances de contact physique direct sont retenues : 

  • Contact au niveau de la peau, rapport sexuel, actes de soin médical ou paramédical ;
  • Partage d’ustensiles de toilettes ;
  • Contact avec des textiles (vêtements, linge de bain, literie) ou de la vaisselle utilisée par la personne. 

Une personne ayant eu un contact non protégé à moins de 2 mètres pendant 3 heures avec un cas probable ou confirmé symptomatique est à risque d'avoir contracté le virus. Le contact est non protégé s’il n’y a pas de port de gants pour les contacts physiques et masques chirurgicaux ou FFP2 pour les contacts respiratoires. 

Les situations sont diverses : 

  • Ami proche ou intime ;
  • Personnes partageant le même lieu de vie sans lien intime ;
  • Voisin pour un transport de longue durée ;
  • Personnes partageant le même bureau, une salle de cours, un club de sport pour les sports de contacts… ;
  • Enfants d'une classe scolaire.
  • La vaccination des adultes

Les personnes vaccinées contre la variole (soit nées avant 1977, date à laquelle la vaccination a été stoppée en France) sont moins à risque, ce vaccin entraînant une protection partielle.

Une vaccination post-exposition (Imvanex® ou Jynneos®) est proposée aux personnes adultes contacts à risque. Les enfants et adolescents jusqu’à 18 ans ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes ne peuvent pas être vaccinés.

Le vaccin est administré idéalement dans les 4 jours après le contact à risque et au maximum 14 jours plus tard avec un schéma à 2 doses (ou 3 doses chez les sujets immunodéprimés), espacées de 28 jours. Pour les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole, une seule dose suffit.

La Haute Autorité de Santé (HAS), dans un avis rendu le 8 juillet 2022, recommande de proposer une vaccination préventive aux personnes à très haut risque d’exposition, en priorité sur les populations suivantes : 

  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples ;
  • Les personnes en situation de prostitution ;
  • Les professionnels des lieux de consommation sexuelle, quel que soit le statut de ces lieux.

Cette vaccination peut cependant être envisagée au cas par cas, selon l'exposition, l'existence de facteurs de risque individuels ou à la demande.

La HAS ne recommande pas la vaccination préventive des professionnels de santé prenant en charge les malades, considérant que les mesures d'hygiène habituelles et le port d'équipement de protection individuelle rend "le risque de contamination très faible en pratique". La vaccination ne confère pas une protection immédiate, aussi il est important de continuer à éviter tout contact à risque avec une personne infectée par le virus Monkeypox ou suspectée de l’être.

Suite à cet avis de la HAS, les ARS organisent l’ouverture de lieux dédiés à la vaccination contre le virus Monkeypox afin de renforcer l’offre de vaccination pour les personnes contacts à risque, les personnes ciblées par la HAS. La vaccination peut être réalisée par un médecin ou par un.e infirmier.e. 

Pour connaître les coordonnées des lieux de vaccination, consultez le site de votre Agence régionale de santé (ARS).

Depuis le 13 juillet 2022, un dispositif d’écoute est ouvert pour répondre aux questions suscitées par la variole du singe. La ligne “Monkeypox info service” est accessible tous les jours de 8h à 23h, au numéro vert 0 801 90 80 69 (appel et services gratuits, anonyme et confidentiel). 

Informations complémentaires : 

Variole du singe ou infection à Monkeypox - Ameli 
Santé publique France
L’Organisation mondiale de la Santé

en temps réel