Ce mouvement s’explique par plusieurs facteurs, le premier d'entre eux étant la prise de conscience d’une asymétrie historique entre les besoins de santé des femmes et les réponses médicales qui leur ont été apportées. Le corollaire étant l’existence d’un marché.
La disponibilité de technologies matures permettant de développer des solutions dédiées aux femmes ont par ailleurs accéléré l’investissement dans ces startups.
Enfin, l'essor, très médiatisé, de la French Tech a aussi accéléré l'arrivée sur la "scène tech" de plus de femmes entrepreneurs, bien qu'encore trop peu nombreuses à ce jour.
Pour mieux comprendre ces évolutions et affirmer son engagement pour une innovation réellement inclusive, MGEN a réalisé une cartographie de l'écosystème des Femtech du numérique, qui sera actualisée chaque année. L’objectif : mieux faire connaître cet écosystème et ses promesses et identifier les approches les plus pertinentes pour accompagner la santé des femmes.
Une cartographie sélective et évolutive
Cette cartographie repose sur une large curation qui a permis d’identifier une centaine de structures.
Toutes les startups n’ont pas été retenues pour cette première phase d'étude qui devrait être complétée par la suite.
L'étude proposée ci-après ne prétend pas à l’exhaustivité, s’agissait d'un repérage, bornée et structuré à un instant précis. Elle a vocation à s'enrichir de nouvelles initiatives existantes mais non encore identifiées, ou à venir.
De même, certaines initiatives ont été intégrées à la cartographie bien que ne pouvant être considérées comme « intense » d'un point de vue de l'utilisation du numérique, il s'agit d'un parti pris des auteurs, nombre de ces initiatives s'intégrant plus largement dans d'autres parcours ou outils.
Trois questions à Patrick Brunet, Responsable stratégie et innovation chez MGEN
Q : Que révèle l'étude MGEN sur le marché de la Femtech ?
Patrick Brunet : Ces dernières années, le marché de la Femtech a connu une croissance exponentielle, estimée à plus de 12 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2024 selon FemTech Analytics 2024, avec une progression annuelle supérieure à 15 %. En Europe, la France, l’Allemagne et les pays nordiques structurent des écosystèmes où startups, laboratoires publics et investisseurs se rencontrent dans des programmes dédiés. On observe l’émergence d’incubateurs spécialisés comme Tech4Eva en Suisse ou Femtech Lab à Londres, ainsi qu’une montée en puissance des fonds à impact dédiés à la santé des femmes. Cette dynamique européenne renforce la capacité des innovations à atteindre le marché et à s’intégrer aux politiques de santé publique.
En France, cette dynamique se traduit par un écosystème Femtech en pleine structuration. L’association Femtech France, créée en 2022, fédère aujourd’hui plus de 80 startups innovantes et publie chaque année un baromètre du secteur en partenariat avec Wavestone. Selon le Baromètre Femtech France / Wavestone 2025, la France compte près de 170 startups actives en 2024, soit une croissance de 21 % en un an. La Région Île de France a annoncé la création d’un fonds 'FemTech Île de France', doté de 5 millions d’euros, pour soutenir l’innovation en santé féminine (endométriose, fertilité, ménopause, cardiologie). Plusieurs levées de fonds emblématiques illustrent ce dynamisme, à l’image de Fizimed (rééducation périnéale connectée), qui a levé 4 millions d’euros pour son expansion international, ou encore Lyv (accompagnement des femmes touchées par l’endométriose), qui a levé 2,6 M€.
Q : Quels freins ou limites apparaissent dans le développement d'outils numériques pour la santé des femmes ?
P.B. : Ce mouvement de multiplication des solutions traduit à la fois la vitalité et la jeunesse du marché. Les acteurs explorent des modèles encore instables, parfois redondants, et cette effervescence va naturellement trouver une certaine forme de maturité, sans perdre sa dynamique créatrice.
Un exemple : les usagères ne peuvent pas avoir trop d’applications différentes : il faut des écosystèmes qui se structurent, des alliances qui se construisent, des standards qui émergent. Cette consolidation est non seulement normale mais nécessaire pour assurer la qualité, la fiabilité et la pérennité économique des solutions. L’enjeu, c’est de bâtir des offres robustes, durables et souveraines, capables de s’intégrer dans le système de santé et d’inspirer confiance aux professionnels comme aux patients.
Le second enjeu, à traiter sans attendre, est le financement des solutions les plus pertinentes et disposant du plus grand potentiel d'impact. L'un des intérêts du numérique est le coût marginal quasi nul de l'unité supplémentaire produite. Déployer largement ce qui fonctionne est rentable pour la société et les employeurs, au-delà de la question évidente et première du bien être des femmes.
Il est ainsi vital que les assureurs s'emparent de ces outils et aident à les déployer en les intégrant à leurs offres auprès des assurés ou, dans le cas de MGEN, aux employeurs qu’elle accompagne. Enfin, l’État, doit accélérer dans ses dispositifs de remboursement pour soutenir les solutions numériques qui démontrent un impact réel sur la santé des femmes, à moindre coûts.
Q : Quels bénéfices spécifiques ces solutions apportent-elles aux femmes ?
P.B. : Ces solutions permettent une approche spécifique aux problématiques féminines, ce qui n’avait pas été suffisamment développé jusqu’à maintenant. Par exemple, une crise cardiaque chez une femme ne se manifeste pas de la même manière que chez un homme. C’est encore peu connu. De plus, les applications et thérapies digitales ont pour conséquences de réduire la consommation de soins et de médicaments. C’est particulièrement intéressant pour les femmes, souvent exposées à des traitements hormonaux ou anti-inflammatoires à fortes doses pouvant entrainer des effets secondaires. Ces solutions ouvrent des perspectives, même si, pour l’instant, il est impératif de rester prudent. Dans les expérimentations que nous menons avec certaines Femtech, les retours des utilisatrices sont plus qu'encourageants.
Et cela n'a rien d'étonnant : 90 % des startups identifiés ont été fondées par des femmes, cela témoignage d’une appropriation directe de l’innovation par celles qui en sont les premières concernées.
Femtech — Startups par catégories
Cancers féminins
- Dépist&vous
- iBreastExam
- Lattice Medical
- Virginie Fleuriel
- Healshape
- Primaa
- Mammoscreen
- Predilife
Endométriose
- Ziwig
- Endodiag
- MyEndoApp
- Follow Metrios
- LUNA
- Matricis AI
- Gyneika
- kanaya
- Lyv
- Le lab de l'endo
- EM50 beurer
- URGOGYN
- Paingone Ellune
Fertilité/ Procréation
- Clue
- Ava
- Dulcy
- Elixir Health
- Gynetech Advance
- Wistim
- Alifert
- Im Vitro
- Flo
- Moonly
- WoMA
- Aspivix
- Carrot Fertility
- Juno Bio
Grossesse/ Allaitement
- Efelya
- Malo (heloa)
- Wounded woman
- Sonio
- Emagina
- F'Latté
- Mumade
- Matria Health Technologies
- reBloom
- Pachamama
- Perifit Pump
- beomai
Maladies cardiovasculaires
- Le bus des femmes
- Epsidy
- Bloomer Tech
Ménopause
- Grace Cooling
- Omena
- Peanut
- Ménorebelle
- ATHANA
- Amenovia
- KAT innovation
- Ventilo Care
- Balance app
Santé générale des femmes
- ninti
- Vitalicare
- Elsee care
- Sorella Care
- Femnov
- Gynea
- Gynger
- WOMED
- Umi Santé
- My S Life
- JEEN
- Les Avantis
- gapianne
Santé Menstruelle
- LUNEALE
- Lunaa
- teenflo
- Haomah
Santé mentale
- MindDay
- Migraine buddy
- Butterfly XR
- Opale
- Club Mojo
- Maydée
Santé Pelvienne
- Digyne
- Fizmed EMY
- Perifit
- Oh my Péry !
- My little pessaire
- Maholi
- Sister feel
- My Moony
- Herapreg
SOPK
- Imana
- Solence
- Sova care