Parler masqué : la voix en conditions extrêmes

Solution la plus efficace – avec les gestes barrières – pour se prémunir de la COVID, le port du masque se révèle très contraignant pour les professionnels dont la voix est le principal outil de travail, et ce, tant d’un point de vue physiologique que professionnel.

Le masque constitue un changement dans les modes d’exercice professionnels qui n’est pas sans risques pour notre santé vocale.

 

En effet, telle une barrière acoustique, il atténue le niveau sonore des sons émis (réduction de 5 dB pour le port d’un simple masque chirurgical), il impacte l’intelligibilité des messages en modifiant la perception des consonnes et, globalement, gêne la communication en cachant les indices visuels émis par les organes du bas du visage (lèvres, joues, mouvements de la mâchoire). Il tient chaud, provoque parfois une gêne respiratoire et des sensations d’oppression.

 

Dès lors, le locuteur a tendance à augmenter l’intensité de sa voix, à surarticuler et répéter.

 

Pour peu que sa technique vocale soit insuffisante et/ou sa résistance vocale faible cela contribuera à surmener sa voix et/ou la malmener.

 

Plus il cherchera à être entendu, plus il la surmènera pour finir par entrer dans ce qu’on appelle le « cercle vicieux du forçage vocal » : moins on a de voix et plus on force. Plus on force, moins on a de voix ! (F. Le Huche)

 

Masqué, comment accueillir un visiteur, contenir la parole d’un malade, transmettre les savoirs à une classe, faire vibrer une salle par son jeu ou son chant ?

 

Tous les professionnels de la voix ont en commun d’exercer des métiers de contacts et de communication. Ils disent souvent que cela constitue le moteur qui les fait aimer leur profession.

 

Quand on les interroge, ces professionnels du contact, désormais masqués, disent « Je crains qu’on ne me comprenne pas, qu’on me demande de répéter », « J’ai l’impression qu’on ne ressent pas tout ce que je cherche à faire passer », « J’ai mal à la gorge », « Ma voix craque »...

 

S ’appuyant sur les travaux des chercheurs spécialistes en la matière (médecin ORL, phoniatres, orthophonistes), et faisant suite au livret de prévention des troubles de la voix publié en 2015 « Voix, un capital à préserver », MGEN sort aujourd’hui un guide d’adaptation de la pratique vocale professionnelle au port du masque.

 

Découvrez le guide MGEN

 

 

Celui-ci a pour objectif d’aider tous les orateurs professionnels à mettre en place les pratiques pouvant atténuer les désagréments vocaux provoqués par le masque, afin d’éviter que les plus sensibles ne développent des pathologies vocales durables préjudiciables à l’exécution de leur tâche professionnelle quotidienne.

 

Via ce guide, MGEN appelle à préserver la voix des orateurs. Elle souhaite rendre la santé vocale à tous ceux chez qui elle vacille, le plaisir de travailler à ceux chez qui il chancelle, et la détente à ceux qu’elle a quittés…

 

MGEN rend aussi hommage à tous ces salariés de la relation humaine qui soignent, enseignent, défendent, aident, vendent, interprètent… grâce à leur voix.

 

  • Pourquoi porter le masque en temps de coronavirus ?
  • Quel masque choisir et comment le porter ?
  • Quels sont les impacts du masque sur la voix, la communication et la respiration ?
  • Comment parler avec le masque sans y laisser sa voix, optimiser sa communication ?
  • Pourquoi optimiser son expression orale masqué, et quels sont les moyens pour y parvenir ?

 

Telles sont les questions abordées dans ce petit ouvrage qui à n’en pas douter, rendra de grands services.

 

Corinne Loie,

vocologiste, diplômée en orthophonie, chargée de prévention pour MGEN

en temps réel