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Les antibiotiques : des médicaments essentiels à préserver

Les antibiotiques en France en 2019 et depuis 10 ans

 

En 2019, il a été vendu en France 772 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé humaine et 422 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé animale dont 96 % administrées à des animaux destinés à la consommation humaine.

En santé humaine, 93 % des antibiotiques sont dispensés en médecine de ville et 7 % en établissements de santé.

De 2009 à 2019, la consommation en médecine de ville s’est stabilisée et les résultats de ces 3 dernières années évoluent avec une légère tendance à la baisse.

Ce résultat global recouvre cependant des évolutions de consommation très différentes selon les classes d’âge

  • En diminution chez les enfants (- 17,9 % chez les moins de 5 ans et - 27,9 % chez les 5 - 14 ans),
  • En hausse chez les patients les plus âgés (+ 8,5 % chez les 65 74 ans et + 10,1 % chez les 75 84 ans).

En établissement de santé, la consommation globale des antibiotiques est en baisse de 9,6% entre 2015 et 2019.

Toutefois, les niveaux de consommation observés en santé humaine en France demeurent 30% au-dessus de la moyenne européenne (données ECDC).

 

En finir avec les idées reçues

 

Les antibiotiques sont efficaces uniquement contre les maladies d’origine bactérienne : cystite, pneumonie, angine bactérienne (avec Test de Diagnostic Rapide positif), méningite bactérienne…
Il existe plusieurs familles d'antibiotiques qui s'attaquent chacune spécifiquement à une bactérie ou à un groupe restreint de bactéries.

  • Les antibiotiques ne peuvent rien sur les champignons ou contre les maladies d’origine virale telles que le rhume, la rhinopharyngite, la grippe, la bronchite aiguë, ou la plupart des angines.
  • Les antibiotiques ne soulagent pas directement les symptômes (fièvre, toux, maux de tête, troubles digestifs, courbatures...).
  • Les antibiotiques ne permettent pas de guérir plus vite d'une infection virale. Elle se guérit naturellement en 1 à 2 semaines, sans antibiotique.

 

Source : ameli.fr


L'antibiorésistance

 

Depuis leur première utilisation au milieu du 20ème siècle, les antibiotiques ont permis de progresser dans le traitement des maladies infectieuses bactériennes. Mais un mauvais usage et une surconsommation favorisent l’antibiorésistance.

Par exemple, la résistance de la bactérie Escherichia Coli aux céphalosporines de 3ème génération a été multipliée par 3 en ville et par 6 en établissement de santé.

Ces résistances bactériennes entraînent des difficultés dans le traitement de maladies comme la cystite, mais aussi l’otite du nourrisson ou la pneumonie.

Le médecin a des difficultés à trouver un antibiotique efficace, ce qui a pour conséquences de prolonger la durée des symptômes, d’augmenter le risque d’aggravation de l'infection ou de rechutes.

L’Organisation mondiale de la santé considère l’antibiorésistance comme l'une des menaces les plus sérieuses pour la santé publique, car ces résistances se diffusent parmi les êtres vivants et dans l’environnement.

L’antibiorésistance pourrait ainsi devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde d’ici à 2050. Elle limite la capacité la capacité à soigner les infections, même les plus courantes. Elle provoquerait chaque année en France près de 12 500 décès particulièrement chez les personnes fragiles : personnes âgées, nourrissons, femmes enceintes, personnes immunodéprimées, atteintes d'une maladie chronique ou hospitalisées.

Limiter l’antibiorésistance repose sur deux actions essentielles : prévenir les infections et favoriser le bon usage des antibiotiques.

 

Des gestes simples pour agir

 

En prenant un antibiotique uniquement lorsque c’est indispensable, et en respectant votre prescription médicale, vous contribuez à prévenir l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Quelques règles simples à appliquer lorsqu’on prend un antibiotique :

  • Ne pas prendre d’antibiotiques sans prescription médicale ;
  • Respecter la prescription : dose, fréquence, durée et heures de prise du traitement ;
  • Ne pas arrêter un traitement prématurément. En effet, aller mieux ne signifie pas que toutes les bactéries responsables de l’infection ont été éliminées. Celles qui restent peuvent alors développer une résistance contre cet antibiotique. Ce dernier n’aura alors plus d’effet lors d’une utilisation ultérieure ;
  • Ne pas réutiliser sans avis médical des antibiotiques entamés ou non utilisés lors d’un précédent traitement même si les symptômes semblent les mêmes ;
  • Ne pas donner son traitement à quelqu’un d’autre ;
  • Lire la notice pour vérifier les modalités d’utilisation et les précautions d’emploi, interroger son médecin ou son pharmacien en cas de doute ;
  • Rapporter à son pharmacien toutes les boîtes entamées ou non utilisées une fois le traitement terminé.

(Sources : Assurance maladie, Santé publique France et Ministère des Solidarités et de la santé)

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