Aussitôt créée, la MGEN hérite de trois établissements antituberculeux mis en place au début du siècle par des sociétés de secours mutuels : les sanatoria de Sainte-Feyre, Saint-Jean d'Aulps et le dispensaire antituberculeux de la rue du Commandant Lamy. Ces structures lui servent de point d'appui à une vaste politique médico-sociale.
L'embryon du réseau médico-social de la MGEN
A la Libération, les deux sanatoria de Sainte-Feyre et de Saint-Jean d'Aulps, créés respectivement en 1906 et en 1932 par l'Union nationale des sociétés de secours mutuels d'instituteurs et d'institutrices de France et des colonies (l'Union des sana), sont dans un état matériel très précaire, dans un contexte de recrudescence de la tuberculose.
La MGEN engage donc de gros travaux de restauration et de modernisation de ses deux établissements afin répondre aux nouvelles normes thérapeutiques, tout en améliorant le confort des malades. L'action des sanatoria est par ailleurs complétée par des établissements parachevant la guérison des malades : postcure antituberculeuse de Maisons-Laffitte (1948), aérium Blancheneige, en Haute-Savoie (1950) - destiné aux enfants non malades, mais qui ont été en contact avec la maladie - et préventorium de Chanay (1952), dans l'Ain, pour les enfants et adolescents atteints de "primo-infection". Dès lors, la MGEN se trouve à la tête d'un réseau de lutte antituberculeuse complet.
Une nécessaire reconversion
A la fin des années 1950, la démocratisation des antibiotiques et du BCG entraînent une chute progressive de la mortalité et de la morbidité par tuberculose. En conséquence, à partir du début des années 1960, la MGEN réfléchit à la reconversion de ses établissements antituberculeux. En 1968, la postcure de Maisons-Laffitte est la première à se transformer en clinique médicale de soins intensifs. Sa vocation, à l'origine pneumo-cardiologique, s'élargir dans les années 1970 à la dialyse rénale.
En 1969, c'est au tour de Sainte-Feyre de se transformer en centre médico-chirurgical combinant des services de cardiologie, de pneumologie et de phtisiologie. A partir de 1970, le préventorium de Chanay ouvre un centre climatique pour enfants et adolescents souffrant de troubles pulmonaires et endocriniens. Le sanatorium de Saint-Jean d'Aulps devient quant à lui une clinique médicale traitant une vaste gamme de pathologies. Enfin, l'aérium Blancheneige doit attendre 1988 pour que soit officiellement reconnue sa reconversion en maison d'enfants à caractère sanitaire (MECS), spécialisé dans le traitement des troubles pneumologiques et de croissance.