Le ministère de la Culture et de la Communication a récemment lancé une application pour smartphones dénommée « Célébrations ». Téléchargeable gratuitement, elle présente l’ensemble des 70 célébrations nationales classées par date, par thème et aussi chronologiquement. Elle donne également la liste exhaustive des événements associés tout au long de l’année à chaque célébration et propose des liens vers les sites Internet dédiés à ces événements. Disponible sur IPhone et IPod touch, elle le sera prochainement sur IPad et en webApplication sur tous les smartphones.
Le premier s’intitule "Chefs d’œuvre" et le second "Masques", et tous deux sont en fait les versions électroniques d’ouvrages papier de référence et du même titre. Mais ces applications pour IPad ont l’avantage de permettre une immersion totale dans les détails et textures des œuvres présentées (sculptures, masques, textiles, instruments de musiques, objets rituels et du quotidien, issus d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques). Et ce, grâce à un zoom (jusqu’à 10 fois), une navigation interactive et intuitive d’un chapitre à l’autre, des textes et des notices explicatives confortables à lire. Elles sont disponibles en français et en anglais sur l’App Store (prix du téléchargement par album : 4,99 €). Cette collection naissante d’e-albums, initiée par le quai Branly, va s’enrichir ce printemps, du premier e-album d’une de ses expositions, celle sur les Dogon qu’il présentera du 5 avril au 24 juillet 2011.
Pour accompagner son exposition sur le Paquebot France et plonger dans la nostalgie des années 60.
http://www.musee-marine.fr/site/TELE+FRANCE
Archimome.fr a été créé par la Cité de l’architecture et du patrimoine pour les 7-12 ans, notamment malvoyants. Un site également utile pour le public empêché par la distance géographique, une maladie ou autre.
L’établissement a fait numériser une trentaine de ses tableaux et 15 de ses salles en très haute résolution, dans le cadre du Art-project de Google. Ce projet, qui réunit pour le moment 16 autres grands sites internationaux*, permet d’admirer une sélection de chefs d’œuvre depuis le Net et de profiter de vues panoramiques des lieux. Le Château de Versailles est ainsi le seul musée français à proposer une visite HD et à 360°.
Plus globalement, l’établissement a conclu un partenariat avec Orange qui fait du site un lieu d’expérimentation de diverses innovations (géolocalisation, réalité augmentée, reconnaissance d’images, vidéo 3D, etc.). Un « Versailles Lab » a d’ailleurs été lancé en juin 2010, suivant une approche de recherche et de développement. Des « vidéoconférences immersives, en direct de classes primaires et de collège, grâce à des caméras pilotables en ligne disséminées dans le domaine » sont ainsi par exemple à venir.
Site web : http://www.googleartproject.com
* comme le Van Gogh Museum d’Amsterdam, la National Gallery de Londres ou le Museum of Modern Art de New York.
D’un côté, le Dai Nippon Printing (DNP) et ses compétences dans le domaine des nouvelles technologies pour la réalisation des programmes multimédia ; de l’autre, le musée du Louvre et son savoir-faire en matière de contenus scientifiques et pédagogiques. La réunion des deux donne le Museum Lab, un espace où sont expérimentées depuis 2006 de nouvelles façons de regarder et d’apprécier les œuvres d’art. Sauf qu’il faut se rendre à Tokyo, dans le quartier de Gotanda pour en découvrir l’originalité et la modernité des dispositifs proposés (commentaires audio en français, en japonais ou en anglais, diffusés en streaming et combinés à contenus visuels en très haute définition, selon un parcours défini par la durée de visite souhaitée grâce à des billets recourant aux technologies RFID ou BAN*).
Tout a commencé avec Un carabinier de Géricault et se poursuit actuellement (jusqu’au 15 mai 2011) avec la porcelaine de Sèvres en tant que cadeau diplomatique de la royauté française au XVIIIe siècle. Et, il est désormais prévu de réinstaller certains éléments développés à Tokyo au musée du Louvre à Paris, dans les futures salles rénovées du département des objets d'art. Les Français et plus largement les visiteurs du monde entier pourront enfin en profiter eux aussi.
* BAN pour Body Area network. Cette technologie utilise l’électricité statique produite à la surface du corps humain comme support de communication, en lieu et place de câbles ou d’ondes radio.
Site web : http://www.museumlab.fr
Les mélomanes ne sont pas en reste dans la nouvelle approche de l’actualité culturelle que permettent les nouvelles technologies. Ils peuvent ainsi suivre sur IPhone l’actualité en direct de l’Opéra national de Paris, découvrir ses spectacles d’opéras, ballets, concerts, jeunes publics, présentés à l’Opéra Bastille et au Palais Garnier (extraits vidéos et interviews d’artistes à l’appui, mais il y a eu des bugs à ce niveau), admirer le lieu lui-même grâce à une galerie de photographies, accéder à la billetterie et à des informations pratiques. Le téléchargement est gratuit.
Quant à la Cité de la musique, elle se décline désormais en direct live sur le net : cent heures de concerts en intégralité s’y visionnent et savourent gratuitement. Chaque année, elle diffuse en direct sur son site 60 nouveaux concerts (puis en VOD). S’y ajoutent l’ensemble de son catalogue vidéo et celui de la salle Pleyel sous forme d’extraits, des concerts commentés, des reportages sur les coulisses, des dossiers documentaires, etc. Et, prochainement, il sera possible de choisir ses caméras et de chater en direct.
Sites web : http://www.operadeparis.fr et http://www.citedelamusiquelive.tv
L’Association pour des études sur la Résistance intérieure (AERI) a ouvert un musée de la Résistance en ligne. Voulu «résolument grand-public» et participatif, ce site vise à «rendre accessible immédiatement et en permanence une collection virtuelle vaste et cohérente sur l’histoire de la Résistance, provenant d’une multitude de fonds d’archives en France et à l’étranger, publics et privés». Il s’agit ainsi pour l’AERI de «sauvegarder un patrimoine menacé par la disparition des acteurs, l’avenir incertain de certaines collections (petits musées associatifs, archives familiales…), le danger de voir s’effacer dans notre paysage quotidien les traces de la Résistance (lieux de vie et d’action des résistants, lieux de mémoire…) ». Parmi les modules proposés sur le site Internet : « la résistance en région » (Drôme, Île-de-France, Provence Alpes Côte d’azur), un « atelier pédagogique », une «base média» permettant de rechercher des documents, et prochainement une «base personnes» qui recensera les résistants ainsi que des expositions thématiques.
Site web : http://www.museedelaresistance.com
«Garder la tête froide»
Quelle est la place des nouvelles technologies à la Réunion des Musées Nationaux (RMN) ?
Elles font partie des supports dont nous nous servons pour bien remplir notre mission de médiation culturelle, comme cela existait déjà avec le livre, l’audiovisuel, etc. Elles ne constituent une autre façon de transmettre les savoirs mais ne changent pas pour autant ce message qui, lui, doit demeurer sérieux, valide et crédible, conformément aux attentes du public.
Leur utilisation n’induit-elle aucun changement ?
Si. Dans certains cas, les nouvelles technologies sont plus qu’un tuyau, elles deviennent une manière de parler et de sentir l’art différemment. Exemple avec le site monet2010.com, où nous avons proposé un voyage virtuel dans les œuvres du peintre réalisé avec des technologies de développement. Le public a ainsi pu interagir sur l’œuvre, s’approcher des tableaux autrement.
D’autre part, le recours aux nouvelles technologies a ouvert une plus grosse circulation de l’information. Ne serait-ce que par notre présence sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Dailymotion) dont nous nous servons pour interpeller le public. Nous essayons ainsi de multiplier les contacts et les communications. Mais, cela pouvant devenir pléthorique et tout bougeant très vite, il est avant tout essentiel de garder la tête-froide et de se structurer.